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Les micro-brasseries réclament une politique entrepreneuriale

Profitant de leur congrès annuel, l’Association des micro-brasseries du Québec a lancé un cri du cœur afin que le gouvernement modifie rapidement la réglementation, pour permettre l’expansion de l’industrie au Québec.

« Québec doit se doter d’une politique brassicole comprenant une politique entrepreneuriale en faveur des PME brassicoles », a insisté Jean-Pierre Tremblay, directeur général de l’Association des micro-brasseries du Québec (AMBQ).

Un portrait du secteur démontre que depuis 10 ans, les petits brasseurs et ses artisans ont soutenu la création d’emplois partout en région, faisant exploser le nombre d’entreprises de 31 à 119, pendant qu’à la même période, les trois mêmes grandes entreprises brassicoles sont demeurées les mêmes, augmentant même leur concentration.

Rappelons que l’actuelle loi qui régit la Société des alcools du Québec accorde aux grands brasseurs le droit de vendre leur bière aux dépanneurs, épiceries et restaurants, mais l’interdit toujours aux producteurs artisans qui eux, doivent se contenter d’écouler leur production sur place ou dans des salons de dégustation.

Créatrices d’emplois

« Nous demandons d’enlever la restriction de la vente pour emporter », a ajouté Jean-Pierre Tremblay.

L’AMBQ estime que chaque entreprise procure déjà 2,5 emplois directs et que, globalement, c’est 1 000 emplois qui ont fleuri dans les régions depuis leur arrivée sur le marché agroalimentaire.

« Les micro-brasseries ramènent en région des entrepreneurs. Certains jeunes y restent et d’autres s’y installent. Elles ont aussi développé une proximité avec d’autres secteurs, comme les producteurs de céréales et l’agrotourisme. Ce sont des emplois qui génèrent de la valeur ajoutée régionale et qui contribuent à l’occupation du territoire », a ajouté le porte-parole de l’AMBQ.

La menace des bières importées

Avec un volume global de 430 000 hectolitres par année, les micro-brasseries ne se comparent pas aux grands brasseurs, tels les Molson-Labatt, qui produisent 3,8 millions d’hectolitres par année ; une production en décroissance depuis 10 ans. En conséquence, malgré l’engouement des Québécois pour les bières artisanales, les ventes des micro-brasseries ne touchent que 7,1 % du marché.

Ce qui inquiète l’AMBQ n’est pas tant la faible place que ses entreprises occupent dans le marché que la tendance forte des grands brasseurs à importer plus de bières étrangères et canadiennes, de préférence à augmenter leur propre production.

En 1992, 100 % de la consommation de bière était brassée au Québec. Aujourd’hui, c’est 40 % des bières vendues en épicerie et dépanneur qui proviennent d’ailleurs. Pour les micro-brasseurs, cette réalité augmente le risque de la survie des grands brasseurs, qui tendent à suivre le mouvement de concentration mondiale. Ils soupçonnent que l’augmentation des importations soit une stratégie des grands brasseurs pour contrer l’expansion des micro-brasseries.

« On sait que les grands brasseurs et les grandes chaînes de distribution passent des ententes entre leurs sièges sociaux. Si ces derniers sont situés à l’étranger, c’est la prise de décision qui s’éloigne des Québécois et qui ne nous favorise pas du tout. On a un gros problème avec ça », a conclu Jean-Pierre Tremblay.

Le Journal de Montréal - 17 novembre 2014
 
 
 
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