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Histoire de la bière à Québec

Le vécu de la bière est plutôt jeune au Québec. Il commence essentiellement avec les premiers colons de la Nouvelle-France, quoique grands consommateurs de vin et d’eau de vie. Certains, ingurgitaient une bière à base de pâte crue au levain qui baignait dans l’eau. Après fermentation, les valeureux buvaient leur chope avec des arômes, en général, de houblon, bouleau ou sarrasin. On parlait communément de « bouillon ».

Les récollets, quant à eux, fabriquèrent leur bière, à partir de 1620, à Notre-Dame-des-Anges. Sept ans plus tard, l’apothicaire Louis Hébert emboîta le pas, alors qu’il possédait une grande chaudière à brasserie. Il en fit profiter ses proches jusqu’à sa mort en 1634.

En 1646, les Jésuites créèrent leur propre bar à Sillery. On considère d’ailleurs Louis Prud’homme comme le premier brasseur professionnel, en 1642. À partir de 1648, les colons étaient alimentés en boisson par la Brasserie de l’Abitation à Québec. Par la suite, en 1665, la vente du fameux mélange fut interdite par le Conseil souverain, à cause des effets de l’alcool. Les colons n’avaient d’autre choix que de le préparer eux-mêmes.

Jean Talon ouvre une brasserie

Les colonisateurs importaient des biens de France, ce qui représentait un certain coût à assumer par les autorités. Jean Talon qui était intendant en Nouvelle-France, de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672, avait pour mandat de réduire ces dépenses. Il se souciait notamment du développement des ressources naturelles pour la colonie. Trois villages se réunissaient ainsi autour de Québec, en vue de développer l’industrie, surtout textile et maritime. Cependant, Talon n’était pas au bout de ses surprises.

Beaucoup allaient se fournir en liqueurs fortes de l’autre côté de la frontière, car les tarifs étaient avantageux. Pour contrer ce phénomène, il créa une brasserie dans la capitale. Il espérait ainsi injecter de l’argent dans l’économie et diminuer la criminalité liée à la consommation d’alcool. Celle-ci frappait fort dans la colonie et particulièrement chez les autochtones.

La Brasserie du Roi va ouvrir ses portes, en 1669, à l’embouchure de la rivière Saint-Charles. Le Conseil souverain appuya cette démarche par le biais d’une ordonnance limitant la consommation d’alcool, mais en préconisant la fabrication de bière. M. et Mme tout le monde pouvaient toujours produire ce breuvage maison pour eux. En fin de compte, ces derniers préféraient leur bouillon, vin et eau-de-vie. Ainsi, Talon n’est pas parvenu à fonder une industrie brassicole. Son commerce ferma ses portes après quatre années d’existence.

Aucune brasserie n’aura finalement survécu en Nouvelle-France, 250 ans après Jacques Cartier. La mauvaise qualité de l’orge, l’inexpérience et le climat pourraient en être la cause. Il faudra compter sur les Anglais pour apporter des solutions viables à l’industrie, lors de la Conquête. Cet aspect sera traité, à la prochaine parution, avec l’émergence de maintes brasseries à Québec.

Les Anglais à la rescousse

Les colons ont d’abord tenté d’implanter la culture de la bière à Québec, mais ce fut un échec. Bien que fort apprécié, le breuvage ne s’est pas imposé, jusqu’à l’arrivée des Anglais. C’est eux qui ont permis de répandre cet alcool pour le plaisir général. La Basse-Ville de Québec a d’ailleurs accueilli de nombreuses petites brasseries qui n’ont pu toutes survivre.

Les premiers soldats britanniques ont mis les pieds en Nouvelle-France en 1759 et 1760. Ils avaient chacun deux litres de bière à leur disposition. Il faudra attendre 1759 pour que celle d’épinette (reconnue pour ses effets contre le scorbut) soit vendue à prix coûtant.

De 1766 à 1768, plus de 200 permis de débit de boisson furent octroyés au Québec. Son industrie connut un essor à la suite de la Révolution américaine, de 1774 à 1776. Près de 30 000 loyalistes s’installèrent au Canada, dont un tiers dans notre province. Ils connaissaient d’ailleurs bien le fameux breuvage. La révolution industrielle fit la suite en apportant de nouveaux outils qui améliorèrent le produit. On pense notamment au thermomètre et à la chaudière à vapeur.

Le deuxième souffle vint de Louis Pasteur en 1871. Il découvrit que la levure était un organisme vivant et comprit la conservation des aliments par pasteurisation. De grandes nouvelles à l’époque qui permirent aux producteurs de mieux comprendre la conception de la bière. En conséquence, ils réduisirent leurs pertes dues à une méconnaissance du phénomène de la levure. Le breuvage fut ainsi plus sain, qualité et goût rehaussés.

Que de brasseries à Québec !

Avec une meilleure maîtrise de fabrication, de nombreux brasseurs se lancèrent dans l’aventure. La Basse-Ville de la Vieille-Capitale fut un de leurs lieux de prédilection au 19e siècle. De 1791 à 1842, Saint-Roc Brewery fut initialement une distillerie avant de devenir un débit d’épinette. Elle se nommera ensuite Saint-Charles Brewery, jusqu’en 1870, ou encore Lloyd and Lepper. À partir de 1800, Cape Diamond Brewery vit le jour, alors que ses propriétaires s’y sont succédés.

Quatre autres brasseries occupèrent un bail proche de cette dernière vers 1820 : Benjamin Tremain, Thomas Wilson, Rémi Quirouet et Racey’s Brewery. Il ne restera en fin de compte que la Racey’s Brewery qui passera, en 1843, aux mains de Boswell. Dès 1840, Jameson’s Brewery, qui appartient à Henry-Joseph Jameson, s’implanta à Saint-Nicolas.

De 1840 à 1874, McCallum’s Brewery fut le plus grand établissement de bière de la capitale. Propriété de Duncan McCallum, elle est devenue celle de Thomas Lloyd, de Paul Lepper, des Molson et enfin de William Drum.

De 1843 à 1952, la brasserie Boswell fut initialement installée sur la rue Saint-Jean, avant de s’établir à la place du palais de l’intendant. De 1891 à 1910, Proteau et Carignan occupa l’emplacement du bar Saint-Roch. À partir de 1895, Fox-Head Brewery appartint à Amyot et Gauvin. Le bâtiment fut d’ailleurs démoli, au bénéfice de l’église Notre-Dame-de-Grâce, en 1925.

Fait marquant, le consortium National Braveries, qui regroupait l’essentiel des brasseries industrielles, fut fondé en 1909. Cependant, celle de Champlain n’y adhéra pas, tout comme Molsheim et Frontenac à Montréal. De 1911 à 1952, la brasserie Champlain employa une cinquantaine de personnes pour une production de 125 barils de bière quotidiennement. Une autre concentration se fit, dans ces dernières années : les petites brasseries furent désormais sous le chapeau des plus imposantes.

Enfin, de 1952 à 1968, Dow reprit les locaux de Boswell. Ce fut la dernière de taille industrielle à fermer boutique. Les premières microbrasseries emboîteront le pas, à la fin des années 1980, ce qui fera réagir les grands de la bière.

Olivier Artis

Bières et Impressions - 20 mai 2008
 
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